Le vrai problème : votre prestataire a peut-être plus d'accès que vous
C'est une situation que nous voyons régulièrement à Digne-les-Bains et dans tout le 04. Une TPE veut changer de prestataire, et au moment de faire l'inventaire, la réalité est brutale : l'ancien prestataire détient les codes du registrar du nom de domaine, le mot de passe de la console d'administration mail, l'accès au routeur, parfois même le code PIN de la baie de brassage.
Ce n'est pas toujours une intention malveillante. C'est souvent le résultat d'années de confiance, de services configurés à la va-vite, de mots de passe jamais documentés. Mais quand la relation se dégrade ou que le prestataire devient indisponible, vous êtes bloqué.
La bonne nouvelle : avec méthode, il est possible de récupérer 100 % de vos accès, sans conflit et sans interruption d'activité. Voici comment procéder.
Les accès logiciels et services cloud à inventorier
Avant d'annoncer quoi que ce soit, dressez une liste exhaustive. Voici les accès critiques pour toute TPE/PME :
- Registrar du nom de domaine (OVH, Gandi, IONOS…) : identifiant, mot de passe, code de transfert EPP
- Hébergement web : accès cPanel ou panneau équivalent, FTP/SFTP, identifiants de base de données
- Messagerie professionnelle : compte administrateur global Microsoft 365 ou Google Workspace — pas seulement votre compte utilisateur
- Antivirus d'entreprise : accès à la console de gestion centralisée
- Solution de sauvegarde : accès à l'interface + localisation physique des sauvegardes (NAS, cloud, disque externe externe chiffré)
- NAS ou serveur de fichiers : compte administrateur local
- Téléphonie IP : admin de l'IPBX ou du compte VoIP hébergé
- Licences logicielles : clés de licence, comptes sur les portails éditeurs (Microsoft, Adobe, Sage, EBP…)
Manquer un seul de ces accès, c'est s'exposer à une interruption partielle ou totale de votre activité au moment du changement.
Les accès réseau et infrastructure physique
C'est souvent là que les entreprises se retrouvent bloquées. Le matériel réseau a été configuré par votre prestataire — et personne d'autre n'en connaît les codes.
- Routeur / box pro : mot de passe d'administration (interface web locale)
- Pare-feu (Fortinet, pfSense, Cisco ASA…) : compte admin + fichier de configuration exporté
- Switch manageable : accès web ou SSH
- Bornes Wi-Fi pro : compte sur la console de gestion (UniFi, Cisco Meraki, Ubiquiti…)
- VPN d'entreprise : paramètres de connexion, certificats, clés partagées
- Caméras de surveillance IP : mot de passe admin du NVR ou de la console cloud
Si votre prestataire a acheté et configuré le matériel à son propre nom, la situation est plus complexe — on en parle plus bas.
Phase 1 — Préparer le terrain avant d'annoncer votre départ (étapes 1 à 3)
Étape 1 — Faites l'inventaire avant de dire quoi que ce soit
C'est contre-intuitif, mais décisif. Avant d'informer votre prestataire de votre intention de partir, faites silencieusement l'inventaire des accès que vous possédez déjà — et de ceux que vous ne possédez pas. Essayez de vous connecter à chaque service avec vos propres identifiants.
Pourquoi cette discrétion ? Parce qu'un prestataire averti peut, même sans mauvaise foi, compliquer le transfert. Ce n'est pas la règle, mais ça arrive. Mieux vaut connaître votre situation réelle avant d'engager la discussion.
Étape 2 — Vérifiez à qui appartient votre nom de domaine
C'est souvent la mauvaise surprise numéro un. Rendez-vous sur who.is ou directement chez votre registrar et vérifiez le champ "Registrant" (titulaire). Si c'est le nom de votre prestataire — et non le vôtre — agissez en priorité absolue.
Votre nom de domaine vous appartient légalement, mais le récupérer quand il est enregistré sous un autre nom requiert une procédure de transfert de titulaire. Comptez de 2 à 6 semaines selon la coopération de l'autre partie.
Étape 3 — Identifiez et priorisez les accès à haut risque
Certains accès sont beaucoup plus difficiles à récupérer une fois la relation rompue. Concentrez-vous d'abord sur : le nom de domaine, le compte admin Microsoft 365 ou Google Workspace, et l'accès à votre hébergement web. Ces trois éléments conditionnent votre communication et votre présence en ligne. Sans eux, vous êtes invisible.
Phase 2 — Organiser le transfert des accès (étapes 4 à 6)
Étape 4 — Demandez par écrit la liste de tous les accès détenus
Envoyez un email — gardez une trace écrite — en demandant à votre prestataire la liste complète des accès et identifiants qu'il détient pour votre compte. Mentionnez explicitement chaque catégorie : domaine, hébergement, messagerie, réseau, sauvegardes, licences.
Un prestataire sérieux répondra positivement et rapidement. Si ce n'est pas le cas, vous avez déjà une preuve écrite du refus — utile en cas de litige ultérieur.
Étape 5 — Organisez un passage de main en main avec les deux parties présentes
Dans l'idéal, planifiez une session technique — physique ou en visioconférence — où l'ancien prestataire transmet les accès directement à votre nouveau prestataire, en votre présence. Chaque accès est testé en temps réel. Rien n'est signé tant que tout n'est pas confirmé et fonctionnel.
Si vous cherchez un nouveau prestataire dans les Alpes-de-Haute-Provence, notre article sur choisir un prestataire informatique pour sa TPE détaille les 8 critères qui font vraiment la différence — dont la transparence sur la réversibilité.
Étape 6 — Changez tous les mots de passe immédiatement après réception
Dès qu'un accès est entre vos mains, changez le mot de passe. Pas dans une semaine. Immédiatement. Cela inclut le compte admin de votre registrar, votre console Microsoft 365, votre routeur. Utilisez des mots de passe forts et stockez-les dans un gestionnaire de mots de passe sécurisé que vous contrôlez seul.
Nous recommandons Bitwarden aux professionnels du 04 — consultez notre guide sur adopter un gestionnaire de mots de passe sans galérer pour démarrer en moins d'une heure.
Phase 3 — Valider, révoquer et sécuriser (étapes 7 à 9)
Étape 7 — Testez chaque accès avant de signer le solde de tout compte
Ne soldez pas la relation contractuelle tant que vous n'avez pas vérifié que chaque accès fonctionne réellement. Connexion au registrar : OK. Envoi d'un email depuis la console admin : OK. Connexion au routeur avec le nouveau mot de passe : OK. Si un accès manque ou ne fonctionne pas, vous avez encore un levier de négociation. Une fois la facture finale payée, ce levier disparaît.
Étape 8 — Révoquez tous les accès de l'ancien prestataire
Supprimez ou désactivez tous les comptes créés pour votre ancien prestataire : utilisateurs dans Microsoft 365, accès SSH sur les serveurs, comptes sur la console de l'antivirus, accès VPN. C'est l'équivalent informatique de reprendre les clés de votre local — indispensable.
Pensez aussi aux accès mobiles et aux applications tierces connectées à vos comptes. La démarche ressemble à la checklist informatique du départ d'un salarié — les mêmes réflexes s'appliquent, point par point.
Étape 9 — Documentez et centralisez vos accès dans un coffre-fort numérique
Une fois tous les accès récupérés et sécurisés, centralisez-les dans un gestionnaire de mots de passe partagé avec vos responsables internes — et votre nouveau prestataire, si vous lui accordez cet accès de façon contrôlée. Vous ne revivrez plus jamais cette situation de dépendance subie.
Ce que votre prestataire peut légalement retenir
Soyons clairs : un prestataire n'est pas tenu de vous donner ce qu'il a développé ou créé à partir de son propre savoir-faire. Il peut légitimement conserver :
- Son propre code source, ses scripts, ses outils internes — si leur cession n'est pas prévue dans le contrat
- Le matériel informatique qui lui appartient — si vos équipements étaient en location ou en prêt à usage
- Ses propres licences logicielles souscrites à son nom pour votre bénéfice
- Ses procédures et méthodes d'intervention internes
C'est pour cette raison que la propriété du matériel et des licences doit être explicitée dans tout contrat d'infogérance dès la signature. Si ce n'est pas écrit, c'est flou — et le flou profite rarement au client.
Ce qu'il ne peut pas retenir — même s'il essaie
Ici, la loi est claire. Votre prestataire ne peut légalement pas :
- Bloquer votre nom de domaine : il vous appartient, même s'il l'a enregistré pour vous. La réglementation ICANN et le droit français vous permettent de récupérer le titulariat.
- Retenir vos données : vos fichiers, emails, bases de données vous appartiennent. Un prestataire qui refuse de restituer vos données s'expose à des poursuites au titre du RGPD et du droit commun.
- Garder le contrôle de votre console Microsoft 365 ou Google Workspace : ces abonnements doivent être souscrits à votre nom d'entreprise, pas au sien.
- Conserver l'accès à votre matériel : si vous avez acheté le routeur, le NAS ou le switch, les accès administrateurs vous appartiennent.
En cas de blocage avéré, une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception suffit généralement à débloquer la situation. Si ce n'est pas suffisant, la CNIL et les associations professionnelles peuvent intervenir.
Les 5 pièges les plus courants chez les TPE des Alpes-de-Haute-Provence
Nous intervenons régulièrement à Digne et dans le 04 après un changement de prestataire mal géré. Voici les situations que nous rencontrons le plus souvent :
- Le nom de domaine enregistré au nom du prestataire : un commerçant de la région contacte son hébergeur pour changer de formule et découvre qu'il n'est pas titulaire de son propre nom de domaine. Résolution : 4 semaines de procédure ICANN.
- L'accès administrateur Microsoft 365 "perdu" : le seul compte global admin appartient à une adresse email du prestataire, désormais inaccessible. Microsoft propose une procédure de récupération, mais elle est longue et incertaine.
- Les sauvegardes stockées chez le prestataire : si votre sauvegarde tourne sur un NAS appartenant au prestataire ou sur son propre cloud, vous perdez l'accès aux données historiques au moment de la rupture.
- Les licences à son nom : l'antivirus d'entreprise, la solution de sauvegarde ou le logiciel de supervision sont parfois souscrits au nom du prestataire. Quand il part, la licence part avec lui — et vous vous retrouvez sans protection.
- L'absence totale de documentation : aucune liste des équipements, aucun schéma réseau, aucun mot de passe documenté. Le nouveau prestataire repart de zéro et vous facture la remise en état — souvent plusieurs jours de travail.
Un audit informatique de votre TPE avant le changement permet d'identifier précisément ce que vous possédez et ce que vous ne possédez pas. C'est le point de départ que nous recommandons à tous nos clients professionnels à Digne.
La clause de réversibilité : protégez-vous dès la signature du prochain contrat
La meilleure façon d'éviter ce problème, c'est de ne pas le créer. Voici ce que doit contenir tout contrat d'infogérance ou de maintenance informatique sérieux :
- Une clause de réversibilité explicite : le prestataire s'engage à restituer l'ensemble des accès, configurations et données dans un délai défini (généralement 30 jours) à la fin du contrat, quelle qu'en soit la raison.
- La propriété du matériel noir sur blanc : ce que vous achetez vous appartient. Ce que le prestataire apporte reste sa propriété — et c'est écrit, sans ambiguïté.
- Un accès co-administrateur permanent : vous devez toujours avoir un accès admin sur vos propres services. Pas seulement en cas de rupture — tout le temps.
- Un registre des accès tenu à jour : certains prestataires sérieux fournissent un document partagé et chiffré listant tous les accès gérés pour votre compte. Exigez-le dès le départ.
- La localisation précise des sauvegardes : où sont-elles stockées, qui y a accès, comment les restaurer sans faire appel au prestataire.
Un prestataire qui refuse d'emblée l'une de ces conditions vous envoie un signal clair. Notre service d'infogérance pour professionnels à Digne inclut systématiquement ces garanties — vous restez propriétaire et en contrôle de votre infrastructure à tout moment.
FAQ : vos questions sur le changement de prestataire informatique
Mon prestataire peut-il refuser de me donner le mot de passe de mon routeur ?
Si vous avez acheté le routeur, non — il ne peut pas le refuser. Le matériel que vous avez acquis vous appartient, ainsi que ses accès administrateurs. En revanche, si l'équipement a été mis à disposition dans le cadre d'un contrat de location ou de service managé, la situation est différente : l'appareil lui appartient, et il peut légitimement le reprendre. C'est une raison de plus pour clarifier dès le premier jour qui possède quoi, et de le faire écrire dans le contrat.
Et si mon nom de domaine a été enregistré à son nom, pas au mien ?
Commencez par demander un transfert de titulaire à l'amiable — c'est la voie la plus rapide. Si le prestataire coopère, la procédure prend 1 à 2 semaines. S'il refuse, vous pouvez engager une procédure UDRP pour les extensions internationales, ou contacter l'AFNIC pour les extensions .fr. Comptez alors 4 à 8 semaines. Pour éviter toute interruption de votre site pendant ce temps, votre hébergeur peut généralement maintenir le service actif en changeant simplement les DNS.
Que faire si l'ancien prestataire ne répond plus du tout ?
C'est le scénario le plus difficile, mais pas une impasse. Commencez par contacter directement les fournisseurs de services — hébergeur, Microsoft, Google — en prouvant votre qualité de gérant de l'entreprise. La plupart disposent de procédures de récupération de compte sur justificatif officiel. Pour le matériel réseau (routeur, switch), une réinitialisation d'usine est souvent possible — mais elle efface la configuration, que le nouveau prestataire devra reconstruire. N'hésitez pas à nous appeler à Digne : nous avons l'habitude de reprendre des infrastructures après une rupture difficile.
Comment éviter définitivement ce problème avec mon prochain prestataire ?
Trois règles non négociables : exigez d'être co-admin de tous vos services dès le premier jour, faites inscrire une clause de réversibilité dans le contrat, et stockez vous-même une copie de tous les accès dans un gestionnaire de mots de passe que vous contrôlez seul — indépendamment de votre prestataire. Si un prestataire refuse l'une de ces conditions, c'est un signal d'alarme suffisant pour ne pas signer.
Vous changez de prestataire dans le 04 ? On récupère vos accès avec vous.
Lun, mar, jeu, ven 14h–18h • Digne-les-Bains • 06 50 81 05 81